Des produits menstruels gratuits dans les centres communautaires de Laval : d’un projet pilote à une victoire transpartisane

Tout a commencé au Centre communautaire Saint-Joseph, dans Chomedey.

Depuis près de deux ans, la TCLCF y offre gratuitement des produits menstruels. Un geste simple, mais qui répond à une réalité qui reste largement taboue. Les menstruations ne sont ni une maladie, ni une réalité à cacher : elles font partie du quotidien d’une grande partie de la population lavalloise, de la puberté jusqu’à la ménopause. Pourtant, l’accès aux produits menstruels demeure presque entièrement à la charge des femmes et des personnes menstruées, qui doivent en assumer le coût, mais aussi la charge mentale d’en avoir toujours sous la main, en tout temps et en tout lieu.

Devant le succès de son projet pilote, la TCLCF arrive à un constat clair : ce qui fonctionne à petite échelle à Chomedey peut, et doit, être déployé partout sur le territoire lavallois.

De la preuve de concept à l’avis de proposition

Ce constat a trouvé un écho politique. Le 10 mars 2026, la conseillère municipale Louise Lortie (Parti Laval) a déposé un premier avis de proposition au conseil municipal de Laval, demandant la mise en œuvre d’un projet pilote de distribution gratuite de produits menstruels dans les bâtiments administrés par la Ville de Laval.  L’avis s’appuyait directement sur les résultats du projet pilote du Centre Saint-Joseph : moins de 180 $ de dépenses sur un an, environ 340 produits utilisés, aucun abus, aucun vandalisme, pour un centre fréquenté par 17 000 personnes annuellement.

Dans les semaines qui ont suivi, la TCLCF a pris part à des rencontres avec Mme Lortie ainsi que les conseillères Aline Dib et Christine Poirier (Mouvement lavallois), pour faire cheminer la proposition au-delà des lignes de partis. Cette collaboration transpartisane a porté fruit : le 7 avril 2026, Mme Lortie a déposé un avis de proposition révisé, qui mandate cette fois la direction générale de mettre en œuvre un déploiement progressif dans les centres communautaires de la Ville, en collaboration avec la TCLCF. Action Laval et la conseillère indépendante Aglaia Revelakis ont également apporté leur appui à la démarche. 

Le 2 juin, à la période de questions du conseil municipal, la TCLCF, accompagnée des groupes membres Oasis et le Centre des femmes de Laval, est venue appuyer publiquement cet avis de proposition. Plusieurs questions ont été posées ce soir-là, chacune portant sur une dimension différente de l’enjeu : 

  • La Ville reconnaît-elle les produits menstruels comme essentiels, au même titre que le papier hygiénique ou le savon qu’elle fournit déjà dans ses installations sanitaires? 
  • Est-elle prête à devenir un exemple de municipalité qui prend la santé menstruelle au sérieux comme enjeu de santé publique? 
  • Est-elle prête à offrir un accès gratuit, direct et sans démarche administrative pour les personnes les plus précarisées, qui ne peuvent pas toujours se tourner vers les subventions existantes? 
  • Et est-elle prête à penser ses mesures pour rejoindre toutes les personnes menstruées, sans exception, incluant les personnes trans, non binaires et intersexes?

Le conseil a répondu à ces questions le même soir : la proposition a été adoptée à l’unanimité, un signal clair que la sécurité menstruelle des Lavalloises est prise au sérieux. 

Un déploiement progressif, qui commence par les centres communautaires

Le résultat de cette collaboration transpartisane : un déploiement progressif des produits menstruels gratuits, qui débutera par les centres communautaires administrés par la Ville, en collaboration avec la TCLCF pour en identifier les meilleures pratiques. Ce que la Ville s’engage maintenant à faire, c’est exactement ce que le projet pilote de la TCLCF a déjà démontré possible : rendre la sécurité menstruelle systématique plutôt qu’exceptionnelle. La différence, c’est l’échelle.


C’est une étape, pas une finalité. Les centres communautaires ouvrent la voie, mais une bonne partie du territoire municipal reste à couvrir.

Et maintenant…

Le travail ne s’arrête pas ici. Les arénas, les parcs, les bibliothèques et les installations sportives visés par l’avis de proposition initial restent à couvrir. La TCLCF continuera d’accompagner ce déploiement et de plaider pour qu’il s’étende, pour qu’aucune personne menstruée, dans aucun lieu public de notre ville, n’ait à porter seule la charge, financière ou mentale, de quelque chose qui lui arrive sans qu’elle l’ait demandé.

Votre organisme, institution ou milieu de travail souhaite implanter une initiative semblable? La TCLCF est là pour vous accompagner! Écrivez-nous à info@tclcf.qc.ca.